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13 Mars 2025

Mexique : Les organisations rejettent la condamnation à 30 ans d’emprisonnement prononcée contre le défenseur des droits humains Pablo López Alavez

Le 6 mars 2025, le premier tribunal pour la conclusion des affaires pénales traditionnelles de l’État d’Oaxaca a condamné le défenseur des droits humains Pablo López Alavez à 30 ans de prison et à une amende de 112 000 pesos mexicains (plus de 5 000 euros) pour dommage pour le crime fabriqué de toute pièce d’homicide aggravé.

Le défenseur autochtone zapotèque est injustement privé de sa liberté depuis plus de quatorze ans, depuis qu’il a été arbitrairement arrêté en août 2010, dans le cadre d’une procédure pénale inéquitable entachée de multiples vices de procédures et de violations des droits de la défense. Le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a confirmé que sa détention est arbitraire dans son avis n° 23/2017, qui a demandé sa libération immédiate.

Depuis plus de quatorze ans, les organisations nationales et internationales de défense des droits humains appellent régulièrement à la libération de Pablo López Alavez, dont la détention arbitraire constitue une mesure de représailles contre son travail de leader de la communauté autochtone de San Isidro Aloápam, dans l’État d’Oaxaca, où il dénonce la présence d’activités illégales qui affectent le territoire et l’environnement de la communauté.

Le défenseur a été initialement condamné en 2017, mais en octobre 2020, il a été ordonné que la procédure soit reprise en raison des multiples atteintes à son droit à bénéficier d’une procédure régulière. La procédure pénale a repris depuis le stade de l’instruction et finalement, l’audience de ce nouveau procès s’est tenue le 6 mars 2025. La condamnation du défenseur a été prononcée de manière expéditive quelques heures seulement après l’audience.

La nouvelle peine de trente ans d’emprisonnement prononcée à l’encontre du défenseur des droits humains Pablo López Alavez confirme que le fait d’imposer de longues peines aux défenseur⸱ses des droits humains autochtones est une pratique systématique et alarmante au Mexique, qui vise à criminaliser et à réduire au silence ceux qui défendent leur terre et leur territoire autochtone contre les intérêts privés.

Les organisations de défense des droits humains affirment que l’impact de ces condamnations est exacerbé lorsque la personne détenue ou condamnée fait partie d’un peuple et d’une communauté autochtone, car, selon la Cour interaméricaine des droits humains, « la séparation des personnes autochtones de leur communauté et de leur territoire, composantes fondamentales de leur identité culturelle, peut entraîner une souffrance profonde qui va au-delà de celle inhérente à l’enfermement en prison et peut avoir un impact négatif sur l’ensemble des membres de la communauté autochtone ».

Les organisations signataires dénoncent les violations constantes des droits de Pablo López Alavez et soutiennent l’appel interjeté contre sa condamnation, en appelant à sa libération.

Signataires :

  • Consorcio Para el Diálogo Parlamentario y Equidad, Oaxaca
  • Coordinación Alemana por los Derechos Humanos en México / Deutsche Menschenrechtskoordination Mexiko
  • La Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), dans le cadre de l’Observatoire pour la protection des défenseur⸱ses des droits humains
  • Front Line Defenders
  • Organisation mondiale contre la torture (OMCT), dans le cadre de l’Observatoire pour la protection des défenseur⸱ses des droits humains