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21 Février 2025

Mexique : Appel au gouvernement national et à l’État du Chiapas pour qu’ils garantissent le droit du Collectif Madres en Resistencia à défendre les droits humains

La Red Nacional de Organismos Civiles de Derechos Humanos Todos los Derechos para todas, todos y todes (Red TDT), le Servicio Internacional para la Paz (Sipaz) et Front Line Defenders expriment leur profonde inquiétude face à la récente augmentation des attaques et du harcèlement contre le Collectif Madres en Resistencia dans l’État du Chiapas, qui limitent les opérations de l’organisation et sa capacité à défendre les droits humains, et mettent ses membres en danger.

Le Collectif Madres en Resistencia est une organisation qui défend les droits humains au Chiapas depuis plus de trois ans, en cherchant la vérité et la justice dans les cas de féminicides qu’elle suit, et en étant à la recherche de proches disparus. Son engagement et sa lutte encouragent d’autres familles à se joindre à leurs actions.

Le 18 décembre 2024, lors d’une grève de la faim à Tuxtla Gutiérrez, dans l’État du Chiapas, plusieurs personnes ont accusé les membres du Collectif de recevoir de l’argent du gouvernement, dans le but évident de les salir et de les stigmatiser.

Le 1er février 2025, alors que les membres du Collectif menaient une mission de recherche à Berriozábal, le personnel de la mairie a déclaré que « ces chercheuses devraient être frappées pour qu’elles cessent de les déranger » sur une publication de membres du Collectif sur les réseaux sociaux. Le 5 février 2025, le personnel municipal de Berriozábal a retiré et jeté les affiches de recherche que les membres du Collectif avaient placardées dans la rue. Plus récemment, le 17 février 2025, il a été rapporté qu’un inconnu surveillait la maison de l’une des membres du Collectif.

Ce ne sont là que quelques exemples des attaques auxquelles elles sont confrontées. Le Collectif a rapporté que ces agressions ont été commises par des autorités étatiques et locales, ainsi que par des acteurs privés, dans le but d’entraver sa quête de la vérité et de la justice.

Les organisations soussignées reconnaissent le travail légitime et essentiel de Madres en Resistencia dans la défense des droits humains au Chiapas, dans la recherche de la justice et de la vérité, et dans la lutte contre l’impunité. Les organisations constatent une augmentation inquiétante des attaques et des tentatives de criminalisation à l’encontre du Collectif, ce qui crée un environnement d’insécurité pour ses membres. Le Mexique reste l’un des pays les plus dangereux pour les défenseur⸱ses des droits humains et les journalistes, et la situation au Chiapas s’est considérablement détériorée au cours des trois dernières années.

Il est important de rappeler que, selon la rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des défenseurs des droits humains, Mary Lawlor, « les États devraient systématiquement et publiquement promouvoir le travail positif des défenseur⸱ses des droits humains, en indiquant clairement que ce travail est apprécié et applaudi. Ignorer ou minimiser la contribution vitale des défenseur⸱ses des droits humains augmente les risques pour eux et leur travail ».

Enfin, les organisations soussignées demandent instamment aux autorités mexicaines de :

  • Cesser toute attaque contre le Collectif Madres en Resistencia et les autres organisations de défense des droits humains au Chiapas.
  • Mettre en place et appliquer les mesures pour protéger les membres du Collectif Madres en Resistencia.
  • Faire preuve d’un engagement ferme et résolu en mettant en œuvre des mesures et des mécanismes visant à garantir la reconnaissance de l’importance de l’action en faveur des droits humains et la protection de celles et ceux qui la mènent, en enquêtant efficacement sur les crimes commis à leur encontre et en les punissant.
  • Garantir à tout moment le droit des membres du Collectif Madres en Resistencia à défendre les droits humains.

Signataires : 

Red TDT

Front Line Defenders

Servicio Internacional para La Paz (SIPAZ)